Ce que j’avais mal compris sur le leadership

De temps en temps, ça vaut la peine de se poser une question toute simple :
Sur quoi ai-je changé d’avis ?
Je réfléchissais au leadership, un sujet sur lequel j’ai déjà écrit, et même si la plupart des principes tiennent toujours, ma façon de les comprendre a évolué.
Avant, je pensais que le leadership, c’était surtout une question d’encouragement. Créer la bonne culture et le bon environnement. Aider les gens à grandir. Je le crois encore.
Mais je me trompais un peu sur ce à quoi ressemble vraiment le leadership quand les choses ne vont pas bien.
C’est facile d’être un leader collaboratif et bienveillant quand l’entreprise performe et que l’équipe a de l’élan.
C’est beaucoup plus difficile quand les résultats ne sont pas au rendez-vous, que la pression monte et que les décisions pèsent davantage.
On sait qu’on a une équipe solide, de bonnes personnes et beaucoup de discussions. Tout le monde contribue, mais les choses n’avancent pas assez vite et les priorités et les résultats manquent de clarté.
C’est là que ça m’a frappé.
La culture, ça compte. L’environnement, ça compte. Mais ce n’est pas suffisant.
Le leadership exige aussi de la clarté. Il exige de la décision. Et parfois, il exige de trancher, même si tout le monde n’est pas d’accord.
Je n’avais pas vraiment saisi cet équilibre au début.
Trop de collaboration sans direction crée de la confusion. Trop de direction sans collaboration étouffe les gens.
Le vrai travail, c’est de savoir quand s’impliquer davantage et quand prendre du recul.
Une autre chose que j’ai apprise, c’est que le leadership se manifeste rarement dans les grands moments dramatiques.
Il se manifeste dans les petits.
Une conversation qu’on choisit d’avoir plutôt que d’éviter. Un commentaire qu’on livre honnêtement. Une décision qu’on prend un peu plus tôt que ce qui nous semble confortable.
Il n’y a pas longtemps, j’ai vécu une situation où j’ai laissé quelque chose traîner, un problème que je savais devoir régler. Je me disais que je lui laissais le temps de se résoudre. Pire encore, j’ai commencé à le rationaliser, en me convainquant, à tort, que ce n’était peut-être pas si grave. J’évitais tout simplement l’inconfort de l’affronter directement, sans jugement.
Quand j’ai finalement réglé la situation, c’était simple. Constructif. Et plus que nécessaire.
Ça m’a bien rappelé quelque chose. Les petits délais peuvent devenir de grands problèmes.
Avant, je pensais aussi que la constance, c’était se montrer de la même façon chaque jour.
Maintenant, j’y vois quelque chose de différent.
La constance, c’est être ancré dans ses valeurs, pas dans son humeur.
Les gens n’ont pas besoin que vous soyez identique chaque jour. Ils ont besoin de savoir ce pour quoi vous vous battez, surtout quand les choses deviennent inconfortables.
Et peut-être que le plus grand changement pour moi, c’est celui-ci :
Le leadership, c’est moins d’avoir les réponses, et plus d’être prêt à réfléchir aux questions un peu plus longtemps.
Plus tôt dans ma carrière, je me sentais pressé de répondre rapidement. De résoudre. De faire avancer les choses.
Mais j’ai appris que certains des meilleurs résultats viennent du fait de ralentir juste assez pour laisser entrer d’autres perspectives. Pour poser une question de plus. Pour écouter un peu plus attentivement.
Ne pas avoir toutes les réponses, ce n’est pas une faiblesse.
C’est souvent de là que viennent les meilleures réponses.
Alors, qu’est-ce que j’avais mal compris sur le leadership ?
Je pensais que créer le bon environnement suffisait. Je pensais que l’encouragement ferait la différence. Je pensais que la constance voulait dire la similitude.
Ce que j’ai appris, c’est que le leadership est un équilibre.
Soutien et responsabilisation. Écoute et décision. Patience et urgence.
On ne trouve pas la formule une fois pour toutes.
On s’ajuste. On apprend. On s’améliore un peu.
Et « être meilleur » … c’est déjà bien.
Sincèrement,
Doug Dougherty
Président exécutif
